Dans un précédent article, nous vous avons rendu compte de la passionnante conférence donnée à la Médiathèque de La Turbie par Fabrice KEFELIAN le 13 Janvier. Nous avions intitulé cet article: » ONDES GRAVITATIONNELLES, COMMENT CA MARCHE ? » https://www.laturbiemonvillage.fr/2017/01/13/ondes-gravitatio…omment-ca-marche/
Aujourd’hui nous avons demandé à Alessandro MORBIDELLI, Académicien des Sciences, à qui nous devons ce cycle annuel de conférences, de répondre à cette autre question: « ONDES GRAVITATIONNELLES, A QUOI CA SERT? » Voici sa réponse:
La détection des ondes gravitationnelles ouvre des nouvelles potentialités pour l’astronomie, particulièrement pour étudier les trous noirs et leur formation. En effet, comme leur nom l’indique, les trous noirs n’émettent pas de lumière. Il n’est donc pas possible de les étudier avec les télescopes optiques ou les antennes radio. Mais l’effondrement de la matière vers le trou noir émet bien des ondes gravitationnelles, comme Einstein l’avait prédit. Et on sait aujourd’hui les détecter ! La « forme » de ces ondes nous renseigne assez précisément sur l’événement qui les a générées. Ainsi, l’onde gravitationnelle détectée le 14 Septembre 2015 serait due à la coalescence, de deux trous noirs de 35 et 30 masses solaires, respectivement. (Coalescence: « phénomène par lequel deux substances identiques mais distinctes, se réunissent » NDLR). La détection des ondes gravitationnelles va donc nous renseigner sur l’existence des trous noirs et sur leur croissance, due à l’avalement d’étoiles et d’autres trous noirs.
Les astronomes soupçonnent qu’au centre de chaque galaxie il y ait un trou noir super-massif, de millions de masses solaires. Ces trois noirs se seraient formés au tout début de la vie des galaxies, par une séquence d’innombrables épisodes d’accrétion d’étoiles massives. (« accrétion »: constitution ou accroissement d’un corps par agglomération de matière »NDLR). Chacun de ces événements aurait émis des ondes gravitationnelles. Certes, les galaxies se sont formées il y a très longtemps, il y a une dizaine de milliards d’années, mais en astronomie on peut remonter le temps en regardant loin. En effet, l’évènement détecté le 14 Septembre 2015 était à 1,4 milliards d’années lumières de chez nous. Il a donc eu lieu il y a 1,4 milliards d’années. On peut donc espérer de détecter la formation des trous noirs super-massifs des centres galactiques, à une dizaine de milliards d’années lumières de distance.
En conclusion, les détecteurs des ondes gravitationnelles deviendront de véritables télescopes, avec des observations routinières qui nous renseigneront sur l’astronomie invisible. L’Agence Spatiale Européenne (ESA) envisage la construction d’un observatoire spatial des ondes gravitationnelles, dénommé LISA. Il serait constitué de trois satellites qui volent en formation, disposés en triangle équilatéral de 2,5 millions de kilomètres de taille. Le lancement est prévu en 2034 … si l’Europe existera toujours, en dépit des menaces.
Alessandro MORBIDELLI
Vous avez bien lu: « LISA, un observatoire spatial, (et non plus terrestre), dont les trois satellites seraient distants de 2,5 millions de km… » Impressionnant ! Trois conférences sont encore à l’affiche de la Médiathèque. A ne pas manquer !
Ce fut encore le cas, le 6 Janvier, avec Fabien KEFELIAN, chercheur du Laboratoire ARTEMIS de l’Observatoire de la Côte d’Azur qui a su passionner son auditoire avec un sujet a priori difficile d’accès: LES ONDES GRAVITATIONNELLES. Albert EINSTEIN en avait annoncé l’existence… il y a cent ans, mais il n’avait jamais pu en démontrer la réalité, ce qui l’avait amené, parfois, à en douter. Ce n’est qu’en 2015, le 14 Septembre, qu’un groupe de scientifiques américains a pu les mesurer grâce à LIGO, deux interféromètres géants situés, l’un en Louisiane, l’autre dans l’état de Washington, distants de 3000 km. Entrons maintenant dans le vif du sujet et soyons attentifs car les chiffres donnent le vertige!
Deux trous noirs, de 29 et 36 masses solaires, qui gravitaient l’un autour de l’autre depuis plusieurs millions d’années, ont décidé de fusionner après ces très longues fiançailles. Cela aurait du donner une masse totale de 65 masses solaires. Sauf que, il n’y en avait que 62! Ce sont ces trois masses solaires « manquantes » qui ont généré le faisceau d’ondes gravitationnelles qui est parvenu jusqu’à nous… au bout de 1,3 milliard d’années-lumière! Double découverte en fait puisque ces ondes ont également permis de prouver l’existence des trous noirs, souvent contestée par les scientifiques… et par Einstein lui-même ! Pour mieux évaluer ce que représentent ces 1,3 milliard d’années-lumière, il suffit de rappeler que la lumière solaire que nous recevons chaque jour, ne met que 8 minutes pour parcourir la distance Soleil-Terre!
C’est cet instrument de mesure qui a permis de vérifier l’existence des ondes gravitationnelles.Quelques infos concernant l’interféromètre VIRGO situé près de Pise, en Italie. Imaginez deux bras tubulaires,de 1,20m. de diamètre et de trois kilomètres chacun, disposés perpendiculairement. Un signal laser infrarouge est envoyé, sous ultra vide, simultanément dans chacun de ces bras au bout desquels un miroir le renvoie vers son émetteur. Constat des chercheurs: l’un de ces faisceaux a été étiré, l’autre compressé… Constat qui s’est renouvelé à diverses reprises ce qui en a permis la validation. Et qui a apporté la preuve de l’existence des ondes gravitationnelles car si elles étirent l’espace-temps dans une direction, elles le compriment dans la direction opposée!


Affluence record justifiée par l’exceptionnelle qualité vocale de Barbara mais aussi par le programme qu’elle avait choisi, parfaitement accompagné par la Chorale St. Michel et par deux musiciens connus de tous les turbiasques, Silvano RODI à l’orgue et François DUJARDIN au tambourin et galoubet. Si « chanter, c’est prier deux fois » comme le proclame Barbara, cette photo illustre bien son propos où elle apparaît comme en extase…
MEDIATHEQUE: Quatrième et dernière conférence du Cycle 2016 consacré aux Sciences de l’Univers initié par notre Académicien turbiasque Alessandro MORBIDELLI. Le thème de la soirée de clôture: « Des étoiles à la Lumière… où comment ITER nous prépare un futur énergétique en fusion nucléaire »
de la fusion est que celle-ci ne peut intervenir qu’à partir de températures extrêmement élevées, de l’ordre de 150 millions de degrés. Actuellement, aucun matériau ne permet de fabriquer un tel « chaudron ». Seule une « enveloppe » magnétique pourra supporter de telles températures. Le remplacement de nos actuelles centrales nucléaires à fission n’est envisageable qu’à terme de plusieurs dizaines d’années…Avec tous les risques et toutes les contraintes que cela suppose. 

Internet, qui compte chaque jour de nouveaux adeptes, -dont nous sommes. Une radio anti-stress, sans bla-bla inutile, qui apaise les tensions, favorise l’écriture, la lecture, la création… ou la méditation.
En Mai 2015, nous vous avons présenté le projet de Marijo NARDINI, une ancienne instit de La Turbie, (pardon Madame la Professeure des Ecoles!). Une BD bilingue racontant les aventures du jeune TIAGO, réalisée en collaboration avec ses élèves destinée à faciliter l’insertion des élèves étrangers inscrits dans nos écoles. Le projet nous avait séduit à la fois par son caractère inédit, mais aussi par la qualité des maquettes que nous avions vues. A l’époque, ce n’était qu’un projet qui nécessitait des aides financières indispensables pour voir le jour. Epreuve difficile…Mais le sang corse de Marijo lui a permis de ne jamais baisser les bras. 
Vous êtes certainement nombreux à avoir vus et entendus des oiseaux de grande envergure survoler notre village d’ouest en est les 20 et 23 février. Non, ce ne sont pas des oies sauvages mais des grues cendrées (grus grus). Cet oiseau, d’une longueur de 96 à 119 cm et d’une envergure de 180-222 cm, migre actuellement. Dans les Alpes Maritimes nous avons déjà observé de beaux passages de grues cendrées, avec environ 5000 individus comptés dans une seule journée, mardi 23, au-dessus de La Turbie. Levez les yeux et tendez l’oreille, d’autres pourraient passer d’ici fin mars. Le nombre de grues choisissant de survoler les Alpes Maritimes semble être en augmentation. Malheureusement la situation est plus dramatique pour d’autres espèces.

Bien d’autres espèces survoleront notre village, et en mai nous pourrons observer le passage des bondrées apivores, souvent en groupe, et les très colorés Guêpiers d’Europe. Tous ces oiseaux vont repasser au-dessus du village, cette fois d’est en ouest, à l’automne. En septembre et octobre les ornithologues de la LPO seront présents à l’observatoire ornithologique du Fort de la Revère et pourront répondre à vos questions sur le merveilleux phénomène de la migration.
La planète aurait elle-même une orbite très allongée, qui l’amène 1.000 fois plus loin que la Terre du Soleil tous les 20.000 ans. Cependant, les astronomes américains n’ont pas pu déterminer où cette planète se trouverait actuellement sur son orbite.
Il vous est certainement arrivé de pester contre la voix féminine de votre GPS qui vous a informé APRES le carrefour qu’il convenait de tourner à droite AVANT celui-ci… Pourtant, vous ne regarderez plus jamais votre GPS de la même manière après avoir lu ces quelques infos recueillies lors de la remarquable conférence donnée le 8 Janvier 2016, à la Médiathèque de La Turbie, par Pierre EXETIER, Directeur de Recherches au CNRS. Certes, la mission de la recherche fondamentale n’est pas de déboucher sur des applications pratiques et mercantiles, mais bien de répondre à la curiosité insatiable de l’Homme. Toutefois, il arrive que les théories élaborées par les chercheurs aboutissent à des applications pratiques insoupçonnées. C’est le cas du GPS qui n’aurait sans doute pas vu le jour sans la théorie de la relativité générale d’Albert EINSTEIN. Tout comme il n’aurait pu exister sans les constellations de satellites qui tournent autour de la Terre… et sans l’intelligence humaine qui a su en tirer les applications.
Le problème est en effet d’une rare complexité: comment faire en sorte que ce petit boîtier personnel puisse nous indiquer notre position et la route à suivre alors que tous les paramètres sont en mouvement ? la Terre tourne autour d’elle même et du Soleil, les continents dérivent, la croûte terrestre se déforme… et nous sommes nous mêmes en mouvement lorsque nous le consultons! Un défi kafkaïen! A ces difficultés, il faut encore ajouter le temps que met l’information diffusée par le satellite, -placé à plus de 20.000km au-dessus de nos têtes-, pour parvenir à notre boîtier! Et pourtant, notre GPS nous délivre ses informations avec une incroyable précision, suffisante pour l’usage que nous en attendons puisque d’ une dizaine de mètres pour un usage civil! Qui se réduiront à quelques dizaines de centimètres lorsque le réseau européen GALILEO viendra compléter l’actuel réseau GPS américain, le « Global Positioning System », les deux systèmes utilisant les mêmes fréquences… Oui, notre GPS est un boîtier magique qu’il convient de consulter avec le respect qui lui est dû !